Que veulent nos élus ?

mardi 19 mars 2013
par  Le webmaster
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[|"Après la décentralisation, la départementalisation,
après la départementalisation, la rupéisation,
après la rupéisation, quelle autre coquille vide pour Mayotte ?"
Et que veulent nos élus locaux ?
|]

.

Voilà bientôt un an que le Président Hollande et la gauche sont au pouvoir. En même temps, les Mahorais ont envoyé à Paris 3 parlementaires de gauche sur 4 pour les représenter. Quelle chance pour Mayotte et quelle vision des Mahorais qui ont estimé que la meilleure chance pour nous de sortir notre île de la crise et permettre un meilleur développement au moment où le monde entier et particulièrement l’occident traverse une crise est d’envoyer des parlementaires de la majorité présidentielle. Alors que quelques mois avant, les Mahorais qui voulaient un changement au niveau local, ont eu comme président, M. Zaïdani grâce à leurs conseillers généraux. Ces derniers, pour former une majorité ont confié la destiné de l’île à celui qui n’appartenait à aucun parti mais capable de travailler avec n’importe quelle majorité. Dire que cela devient fréquent et qu’il faut mettre fin à cette méthode pour pouvoir donner un cap et une vraie ligne directrice à la politique mahoraise. Arrêter de donner la présidence à celui qui se vend le mieux aux partis.

Autre problème, éviter de faire le clowns à Paris car certains élus s’estimant plus élus que d’autres, plus proches de quelques personnalités parisiennes administratives, gouvernementales et présidentielles se permettent de porter à Paris des doléances contradictoires à celles exprimées par l’exécutif local et les parlementaires.

Pourtant, nos parlementaires se battent, défendent comme il se doit les intérêts du 101e département. Il suffit de suivre les travaux parlementaires pour constater ce que chacun fait dans son assemblée ou encore dans les commissions. Je suis persuadé que la télévision et internet permettent aujourd’hui à chacun d’entre nous, à Mayotte comme ailleurs dans le monde entier de pouvoir suivre le travail de chacun d’entre eux. Mais voilà, force est de constater que certains de nos élus locaux, des conseillers généraux en particulier, bénéficiant d’un plan médiatique local sans précédent agissent et amenuisent les efforts de nos parlementaires et de l’exécutif local. Ils pensent peut être pouvoir faire mieux que leurs prérogatives d’élu local, alors même que certains ont occupé cette même place pendant des années sans rien changer dans l’île. Ils ne se rendent pas compte des nuisances et du mal que cela peut entrainer pour Mayotte.

En effet, nous avons par exemple lu dans un un quotidien local mettant en valeur les actions des élus de NEMMA, le parti de madame et monsieur la conseillère générale de Dembeni et le conseiller général de Dzaoudzi Labattoir. D’après les dires de ce journal, il y a quelque temps (pendant la période de scission entre le NEMMA et la majorité du président Zaïdani) les Mahorais ont cotisés pour acheter un billet d’avion et envoyer la conseillère générale de Dembeni à Paris défendre les intérêts des Mahorais auprès du gouvernement. A ce jour, j’ignore les résultats de ce déplacement.
J’ai l’impression que c’est mal connaître le fonctionnement des institutions de notre république car je suis d’accord que cette conseillère est bien une élue de la république. Cependant, elle ne peut pas parler au nom du conseil général, donc au nom de Mayotte et des Mahorais si elle n’est pas déléguée par ses pairs ou par son président pour représenter le conseil général, donc son président. Par contre si elle est venu parler au nom de son canton de Dembeni, elle a parfaitement raison.

A juste titre, souvenez vous pendant la départementalisation, l’équipe de travail montée à Mayotte pour travailler avec le gouvernement et l’Élysée était présidée par le Président du conseil général de l’époque, M. Ahmed ATTOUMANI DOUCHINA. Pourtant on avait les sénateurs GIRAUD et SOIBAHADINE de la majorité parlementaire de l’époque et le député ALY sans oublier l’opposition du conseil général. Et lorsqu’il fallait venir à Paris défendre les intérêts de Mayotte et des Mahorais auprès du gouvernement, tout le monde se rangeait derrière notre président DOUCHINA.

Aujourd’hui, certains élus pensant avoir les meilleures relations avec des hauts fonctionnaires, ou encore avec des ministres à Paris, se permettent de court-circuiter les premiers interlocuteurs pour montrer aux yeux des Mahorais qu’ils sont les meilleurs et les plus connus. Ils oublient qu’ils font le jeu de certains dans les cabinets ministériels car il n’y a pas pire pour Mayotte que retarder les projets de l’île. Et là c’est l’occasion qu’ils donnent aux autorités pour freiner un peu les actions du gouvernement. Regardez le chantier de la piste longue de Pamandzi, nous attendons toujours le début des travaux qui ne vient pas et qui ne viendra peut être jamais avec ce gouvernement vu l’enveloppe de l’Europe pour Mayotte (200 millions au lieu de 450 à 500 millions initialement prévus). Pourtant plus de 90% des Mahorais attendent le désenclavement de l’île. A se demander pour quelles raisons ou quelles causes, peut être l’éloignement de la métropole que ce gouvernement traite ces territoires avec disparité. Alors qu’à Nantes, chez le premier ministre, au contraire, l’État veut aller vite, mais une minorité refusant la construction d’un nouvel aéroport campent sur le terrain pour bloquer les travaux. Si les élus mahorais actuels ne sont pas capables de s’entendre pour parler d’une même voix sur les projets qui nous sont chers, alors je vais pour la première fois dire comme Melenchon, « qu’ils s’en aillent tous ». Car, comment voulez-vous faire confiance à des personnes qui changent de cap tous les jours. Quand nous constatons tous, que Mayotte est le département français qui mérite le plus d’attention car c’est le département le moins développé de la France, le département où les attentes de la population sont les plus nombreuses, alors ce département mérite le respect. Les Mahorais veulent des élus qui agissent, qui mènent des projets et non des élus qui se contredisent, qui veulent l’échec des autres pour les pointer du doigt.

C’est ignominieux de voir que des militants d’un parti ne s’entendent jamais et se mettent à s’entre déchirer. Certains militants viennent à Paris dans leur siège national contredire leurs dirigeants locaux pensant qu’ils sont plus écoutés. Alors qu’ils sont pris pour des « guignols ou des comiques ». Et aucun parti n’est épargné de ces coups bas. Il faut cesser tout ça et penser à l’avenir de l’île. Mayotte a besoin de tous ses enfants et chacun a sa place, chacun doit apporter sa petite pierre pour construire l’édifice Mayotte. Il faut arrêter de croire qu’un tel chef de cabinet, qu’un tel préfet, qu’un tel directeur général de service, qu’un tel ministre est plus proche de moi, donc va plus m’écouter que mes collègues. Réunissez vos forces mes chers élus pour venir ensembles défendre nos intérêts. Ne faites pas honte à Mayotte car vous êtes les élus de la république représentants de cette belle île.

Nous avons applaudis et moi en premier le changement qui s’est opéré au conseil général il y a presque 2 ans. Aujourd’hui, j’avoue que je suis très déçu du comportement de cette majorité mais encore plus déçu du comportement de l’opposition. Il faut dire que je respecte l’homme, le président, monsieur Zaïdani car il est le président élu démocratiquement. Il ne m’a jamais promis quoi que ce soit mais pour le développement de l’île, j’attendais beaucoup de lui car il est jeune, dynamique et plein d’enthousiasme. Je pense que je ne suis pas seul maintenant à ne rien attendre car, personne ne peut aujourd’hui dire le programme de la majorité. Oui, le président est élu président sans avoir fait parti au préalable d’une équipe. Malheureusement, je pense que c’est grâce à une rivalité au PS que nous l’avons comme président.

Comment expliquer que le conseiller général de Bandraboi, la commune la plus socialiste de Mayotte, soutenu pendant la campagne par ses camarades PS va siéger dans l’opposition avec l’UMP.

Personnellement, je regrette aujourd’hui l’élection du président du conseil général. Il n’est pas l’homme de la situation et n’a pas à mes yeux de vision à long terme pour Mayotte. En 2 ans presque de mandat, je n’arrive toujours pas à comprendre la politique générale de « l’ancienne nouvelle – ou de la nouvelle nouvelle » majorité ainsi que la ligne directrice de monsieur le président. Cependant, il y a deux sujets où je suis entièrement d’accord avec lui, que je soutiens et félicite, ce sont les relations qu’il a su engager entre Mayotte et Madagascar ainsi que la réduction de la dette de la collectivité. A ce niveau, je lui dis FELICITATIONS, BRAVO et MERCI.

Le reste, rien n’a changé. Le fonctionnement de l’administration locale reste inchangé, voir même s’empire de jours en jours. D’ailleurs les articles à ce sujet ne manquent pas, il suffit de lire les journaux locaux. Les routes sont saturées et aucun projet de désenclavement n’a vu le jour. Impossible de circuler à Mamoudzou pendant certaines heures. Notre île est toujours sale alors que cela fait au moins 5 ans qu’un chanteur local l’a dit, mais rien n’a changé, les présidents passent et les problèmes demeurent. Le conseil général ne soutient pas comme les autres départements la politique de création d’entreprise alors que l’administration est saturée. Pourtant tout est à faire à Mayotte. Les problèmes des étudiants et lycéens mahorais en métropole sont chroniques et les fatiguent mais les élèves découragés ne disent plus rien aujourd’hui. La politique destinée aux jeunes est quasi inexistante tant sur le plan locale que nationale. Pour une île dont plus de 65% de la population a moins de 25 ans avec un chômage qui doit frôler les 40%, personne ne peut se permettre d’occulter notre jeunesse. Même si l’INSEE est incapable de sortir les vrais chiffres pour pouvoir les comparer aux autres départements faute de moyens. Pourtant, chacun peut constater l’absence totale ou l’état de délabrement des équipements sportifs. Comment peut-on expliquer la grève des agents chargés de l’entretien des équipements sportifs impayés, abandonnés par tout le monde et dont les conséquences sont incalculables. Par exemple, l’obligation de notre représentant à la coupe de France de foot-ball, le FC Mtsapéré de se déplacer à Compiègne alors qu’ils auraient pu recevoir une équipe à leur niveau.

Ou encore, la construction d’un centre de traitement de déchets permettant l’incinération avec valorisation énergétique. Car, l’énergie coute cher aujourd’hui et on doit trouver d’autres sources énergétiques pour diminuer notre importation de pétrole. Valoriser nos déchets reste un avantage non négligeable. Un débat doit avoir lieu pour savoir s’il ne faut pas abandonner l’idée d’enfouissement qui risque de polluer nos nappes phréatiques. De plus, les SIVOM ne fonctionnent plus, c’est un constat et que le préfet peut et doit dissoudre ces structures. Il est inadmissible, insupportable de voir des déchets non ramassés partout dans les communes. Non seulement que c’est un scandale, mais cela met en danger la santé des citoyens. Les habitants s’inquiètent des risques sanitaires, pointent du doigt l’impuissance des politiques. L’ensemble de nos communes sont situées au bord de mer, avec des belles plages mais souvent interdit de baignades car l’eau est polluée. Regardons Sada avec ses 3 kms de plage mais interdit à la baignade.

[|Comme il est le président démocratiquement élu,
je me range derrière lui pour faire avancer les dossiers de Mayotte là où je peux.
Mais j’avoue ma grande déception quand à sa politique en général.
|]

Sans oublier les autres maux de l’île comme l’insécurité et l’immigration car nos maires doivent et peuvent apporter beaucoup. Mais commençons par nous mêmes, les Mahorais, si nous voulons que l’État lutte efficacement contre l’immigration clandestine, chacun doit prendre ses responsabilités. Nous ne pouvons pas dire non aux clandestins et louer des chambres, des cases ou des bangas à ces mêmes clandestins. Nous ne pouvons pas dire non aux clandestins, et leur donner du travail avec un salaire de misère. Et ceux qui emploient ces pauvres personnes, et qui se font prendre, l’État doit les sanctionner sévèrement. Je comprends la compassion mais le Mahorais ne doit pas s’attrister, compatir, s’émouvoir tous les jours face à cette misère. Il faut prendre les décisions qui s’imposent, parfois difficiles mais fermes et braves. Car, la présence des clandestins à Mayotte permettent à beaucoup de voyous mahorais de masquer des délits qu’ils commettent en accusant les illégaux.

Et aux maires de procéder à un redéploiement du personnel qui doit s’opérer dans les services. J’estime que nous ne pouvons plus croiser les bras et attendre tout de la gendarmerie et de la police nationale. La police municipale a largement sa place dans nos communes. Elle doit travailler en partenariat avec la gendarmerie et la police nationale, seules habilitées à lutter contre l’immigration clandestine. Mais la police municipale peut apporter dans le domaine de renseignements, de surveillance et de sécurisation. Nos mairies qui comptent en moyenne 14000 habitants doivent donc avoir une vraie police municipale qui va quadriller tout le territoire de la commune. Il est donc temps de changer notre politique, de trouver les moyens de rendre notre île plus paisible et nos communes plus attractives.

Alors j’invite mes compatriotes à exiger dans les prochaines élections à chaque candidat de mentionner dans sa profession de foi, avec qui va-t-il travailler au conseil général. Avec une majorité de gauche ou une majorité de droite car nous rentrons bientôt dans la rupéisation, et il ne faut pas rater notre intégration. Au lieu d’avoir une cinquantaine de fonctionnaires dans les bureaux, les municipalités doivent mettre les moyens dans ces polices municipales, dans vidéos surveillance pour plus de sécurité car notre île commence à faire peur.

La police municipale ne vient qu’en complémentarité de la gendarmerie et de la police nationale car dans nos villes et villages, elle reste la mieux placée pour connaître les habitants de la commune et surtout l’environnement. Avec une immigration clandestine exceptionnelle, les mesures doivent être exceptionnelles.

De plus, chaque parti doit avoir un projet commun pour Mayotte qui doit être soutenu par son propre groupe à l’assemblée territoriale. Ensuite rajouter s’il le faut dans les professions de foi, le projet local de chaque canton. Il faut mettre fin aux candidats qui viennent siéger à l’assemblée locale sans direction et qui se permettent de changer de groupe à chaque fois que bon leur semble ou encore après avoir obtenu « un poste ». Certains vice-présidents aujourd’hui sont la preuve de ces messieurs - dames que je surnomme « les élus ZIG ZAG » et que personne n’arrive à suivre. Mettons fin au cache cache des élus au lendemain des résultats du second tour. Chaque élu doit être responsable et savoir avec qui il va travailler. Pas besoin d’éteindre les portables, ni se cacher car c’est déjà une marque de perte de confiance et un signe de faiblesse pouvant les conduire à changer de groupe ou de parti à tout moment ne respectant pas ses électeurs.

Aux élus, travaillez ensembles car une personne seule ne peut rien faire sans le concours des autres. La majorité a besoin de l’opposition et l’opposition a besoin de la majorité. Nous avons nos 4 parlementaires, un président du conseil général et l’association des maires, tous sont des élus et chacun veut le développement de Mayotte et le bien être des Mahorais. Alors unissons nos forces pour y arriver avant qu’il ne soit trop tard. Les techniciens (les fonctionnaires) sur qui les élus font entièrement confiance doivent se consacrer à leur travail et non à chercher à être candidat dans une élection à tout prix.

[/Nassuf MOHAMED/]


Commentaires

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mercredi 3 avril 2013 à 20h06 - par  ALI

aujourdh’ui rien ne fonctionne comme il se doit sur notre île.
les investissements sont en stand by et la construction d’un centre de recherche aquacole d’ifremer tombe à l’eau.ce centre de recheche risque de partir en martinique .OU SONT NOS élus ?
FAISONS PRESSIONS CAR ON risque de perdre gros.

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